2018, bienvenue


Encore une nouvelle année sur la Terre.

Plus elles s'empilent et plus je suis satisfaite du chemin parcouru. Certes, le monde qui m'entoure, surtout la société des hommes me déplait profondément. Je n'ai que peu de pouvoir dessus, pas la peine donc de m'en inquiéter. Résolument, j’observe la lisière argenté des nuages d'orage, comme dans l'idiome américain. Le monde est vaste, surprenant, poétique pour qui prend le temps de l'observer. Cruel et beau, violent et tendre.

Je vous souhaite, lecteurs de passages, inconnus perdus et amis fidèles, une nouvelle année riche et vivante, les pieds dans la terre, la tête dans les étoiles et le cœur vulnérable aux rencontres.


Je m'essaye depuis quelques temps à l'aquarelle et à divers patouillage aqueux. Je bosse beaucoup d'après mes photos du Japon, un moyen de raviver le bonheur du voyage. Pour ce début d'année je peuple donc l'étang de quelques visiteurs chatoyants.


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Neige de décembre






Au début du mois, je suis partie pour une escapade en Moselle. Il a neigé. Je vous souhaite à tous de passer une agréable fin d'années et de joyeux fêtes
Je vous laisse en compagnie d'un petit texte dont l'écriture accompagne mon thé surprise découvert dans le calendrier de l'Avent.



J'ai marché dans la neige.
Je l'ai écouté étouffer, avide, chaque son autre que le sien. 




La neige, tyran de l'uniformisation par l'absence. Égalitariste par excellence. Elle tire sa ligne molle d'horizon identique depuis les toits jusqu'aux sommets des arbres. Nivelle trottoirs et rues. Elle attendrit le paysage, éclaire de sa pâleur spectrale le sol et le bas tandis qu’en haut, elle voile le soleil, relégué ampoule faiblarde.




Crissement sous les semelles. Nez et yeux brûlants, j'observe ses doux dégâts en ce dimanche matin de décembre, dans une petite ville de l'est sinistrée, sous perfusion en provenance du Luxembourg. Riches et pauvres, face à la neige et ses glissements dangereux, nous marchons tous d'un même pas précautionneux.
Le temps de quelques heures, elle gagne.



Tout converge, blanchit, se mouille, puis de nouveau, les différences reprennent ses droits en niveau de gris, semant la zizanie bouilleuse. 

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Week-end au jaune



Sur le plateau normand, un bout de forêt en novembre.
De la vieillesse sous les pieds, de la mort accrochée au grillage, de l'or dans les lignes brisées. La bizarrerie de la vie, ni animale ni végétale, sur un tapis de pourri. 
Les petits trésors qu'on ignore.

De l'air piquant. Les doigts glacés sur le déclencheur, la quête commence.
Craquement et pépiement. Si je tend l'oreille, au loin le murmure d'une conversation. Connivence d'une mère et son fils.

Accroupie dans les feuilles, puis à demi allongée, j'admire le champignon. Un bruit étranger. Mon cœur loupe un battement. La silhouette d'un promeneur hors du chemin. Ha, il cherche son chien.
Chacun sa quête. 
Épousseter le pantalon, taper les semelles boueuses, réchauffer les mains rougies, souffler dans l'écharpe. Je suis maintenant à la traîne. Je courre un peu, pour les rattraper. A l'orée du bois, la lumière décroit. 
Ils m'attendent.
Derrière moi, le bout de forêt.
Une portion congrue de mystère et d'humus au milieu des champs.
A bientôt...



 







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Collection de feuilles [journal 9]



Je commence une collection. 
Une collection de feuilles, c'est de saison.
Pas des feuilles mortes, mais des feuilles de mort, de refus, des feuilles de non.

Je consigne soigneusement chaque lettre de refus qui accompagne le retour au bercail de mon premier manuscrit, lâché dans la nature depuis le printemps dernier. 
J'imprime aussi les mails, même ceux adressés à « monsieur ».

La démarche n'a rien de masochiste. Déplaisante certes.
Cependant, elle est la concrétisation d'un effort réel pour être publiée ; s'exposer aux regards et aux jugements de professionnels. Tous les auteurs édités dans le circuit classique ont affronté l'échec. Les refus. 
À la pelle.
Et si ce n'est pas vrai, laissez-moi mes illusions.
Merci.




Ces lettres qui s'empilent, autant de tentatives avortées, de lignes lancées en vain, ne pourraient-elle pas se transformer en piliers, en fondations ? 
Autant de courage et d'énergie pour jeter dans la grande piscine du monde des années de travail, de doutes, de corrections, d'émotions vives, d'espoir, et d'ambition aussi. Moins glorieux mais réel.
Ces tentatives n'aboutissent pas. 
Tant pis. 
En retour, je trouve des missives types à classer dans une chemise de carton.

Il me reste encore quelques pistes à explorer, même si, l'attente et les réponses négatives émoussent mon enthousiasme. Je sais ce que je dois faire. Ce que j'ai à faire. 
Continuer. Encore. 
Finir le second tome de ce projet trop grand, actuellement en relecture (merci aux lecteurs bénévoles !). Enfin, passer à autre chose.
Écrire toujours, cette fois avec une idée peut-être plus éditable.




Cette année, durant neufs mois, je me suis astreinte plus ou moins quotidiennement, à écrire une page dans un cahier selon un thème donné (exercice des 365 réels). À la louche 100 à 200 mots, parfois inspirés, sauvages et fluides, parfois laborieux, tressautant du bout de doigts vindicatifs.

Bilan : échec total de me plier à une discipline. Tous les livres de méthode le clament : avec l'habitude, le rituel, vient l'envie, le besoin d'écrire. Le corps et l'esprit se plient.
Pour moi, tintin ! 

Revêche ou juste fantasque jusqu'à l'os, l'écriture au jour le jour n'a rien suscité d'autre qu'une tension, de la déception pour les nombreux ratés, de la pression parfois insupportable et un vague contentement lors des séances de rattrapage.
J'ai rempli un cahier de mes pattes de mouches piqués de fautes exotiques. J'ai rempli mon cœur de la satisfaction d'avoir tenu jusqu'en octobre où j'ai suivi, avec une assiduité malléable le défi de dessin inktober (visibles sur mon compte instagram).




Novembre s'installe.
J'achève l'épilogue du second tome de la trilogie « Écharpe d'Iris ».
Toujours pas publication prévue pour le tome un.
Toujours pas de sentiment de légitimé, d'être une professionnelle.
Toujours un chaos dans ma tête, sur mon bureau.
Je continue.

Au moins, les missives indiquant en termes politiquement corrects que mon roman ne correspond pas à la ligne éditoriale de la maison ne s'amoncellent plus comme les feuilles de mes arbustes dans la cours. Je les ai rangé. 
En vrac. Pas classé. Faut pas exagérer non plus. 

Un nouveau projet germe. C'est la saison propice aux plantations des arbres. Je prépare le terreaux, la bêche et pelle.


Me voilà de nouveau au travail.


 
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Dans le train & dans le sac [inktober #02 & #03]


Tu prends un train.
 Te voilà arrivé au Fushimi Inari, 
le sanctuaire aux dix mille torii.





Dans ton sac, 
un thermos d'eau glacée, deux onigiri à la prune salée et aux algues,
 ton appareil photo, 
ton carnet de voyage, 
où tu consignes anecdotes et impressions et où parfois tu griffonnes un croquis, 
quelques stylos et crayons à mine de plomb,
 une petite serviette éponge avec brodée une adorable créature issue d'un dessin-animé de Miyazaki, 
ta carte de transport valable sur les lignes de la JR
 et bien sûr le passeport avec ta trombine austère.








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C'est partie pour un mois de gribouille d'inspiration Japon [Inktober #01]


Comme l'an passé, je me prête pour ce mois d'octobre à l’exercice créatif d'Inktober pour la deuxième fois. Je me suis fixé un objectif simple : illustrer ma nouvelle Inari parue dans le recueil Malpertuis VIII.


J'ai pris un cahier tout petit, pour ne pas avoir beaucoup d'espace à remplir. Si je suis inspirée et motivée, je pourrais toujours faire plusieurs dessins. J'ai aussi décidé de faire une mise en couleur de type aquarelle avec mes encres pour le sumi-e. Comme elles sont au nombre de six (plus un doré et un argenté), je ne risque pas de me perdre dans une palette infini.

Je vais tâcher de mettre mon avancée ici, mais vous pouvez aussi me suivre sur instagram pour voir les versions avant mise en couleur.



  
Tu ne raconteras pas cette rencontre.
Ou peut-être, un jour, au crépuscule de ta vie, soudain tu auras l'irrépressible besoin de partager ta vision.



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Arles : souvenirs de chats, de fissures et d'odeur de pierres chaudes



Parce que je n'ai pas trop envie de parler de septembre, des attentes et des frustrations, parce que je n'ai pas encore la motivation pour effectuer la « rentrée » je prolonge un peu la langueur des vacances. 

Voici quelques photos de la ville d'Arles, où se tient ses Rencontres photographiques de grande qualité. Entre les expositions, sous un soleil de plomb et un thermomètre flirtant avec le quarante, j'ai glané quelques impressions urbaines.  






La lumière rouleau compresseur, la sueur dans le dos, la peau qui grille.
Les ocres chauffés à blancs.
Succulentes au paradis et leur copines défraichies. 
Répandu à l'ombre, un chat. 

Un autre, en planque dans les ténèbres, guette le voyageur égaré dans les ruelles piétonnes.

Pas de répit. 
Sols brulants. 
Mûrs brulants.




Ciel Klein qui crame les yeux. 
Plus ouverts. 
 

Plus lucides. 

Emplis de merveilles.





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