Rikuzentakata : le livre photo sur la ville qui n'est plus




Le photographe japonais Naoya Hatakeyama avait signé en 2013 un ouvrage bouleversant, Kesengawa, où il juxtaposait des clichés de sa région natale avant et après le tsunami. Il revient une nouvelle fois sur la tragédie avec Rikuzentakata, nom de sa ville natale, détruite en 2011 et actuellement en cours de reconstruction.

Reconstruire mais pas renaître...

Après Fukushima, après la colère et l'immense gâchis humain, l'incommensurable douleur était tellement insupportable que je me suis un temps détournée du Japon. J'y suis retournée ce printemps, pour me gorger d'art (avec le festival de Setouchi) et de paysages. J'y suis partie sans aucune attente, juste dans l'acceptation du pays tel qu'il est, tel qu'il devient.
Lorsqu'on est un étranger, simplement fasciné par cette culture, mettre à distance la douleur est plus aisé car nous n'y sommes pas confrontés en permanence, dans notre quotidien et dans notre chair. Pour ceux qui ont là-bas leurs racines, celles qu'on ne peut jamais oublier ni déterrer, la souffrance demeure, tapie, toujours là. Pourtant, la vie ne s'arrête jamais.
Hatakeyama, lui non plus, n'a cessé d'évoluer, de travailler, de s'exprimer par les mots et l'image. Si Kesengawa est un ouvrage réalisé à chaud, issu de l'effarement lié  à un cataclysme trop vaste pour être appréhendé d’emblée  par un humain, Rikuzentakata, cinq ans plus tard, se tourne vers l'avenir, la reconstruction en cours de la ville, déplacée en partie sur les hauteurs.


Retour sur Kesengawa


Pour saisir la dimension du travail de Hatakeyama, je veux d'abord vous parler de Kesengawa. Récit intime et pudique de la catastrophe, le titre provient de la rivière Kesen qui traverse la ville de Rikuzentakata. Une ville côtière, dans la préfecture d'Iwate, construite sur la plaine littorale, pour profiter des richesses de la mer mais aussi à la merci de ses fluctuations et de ses colères. Ce livre raconte avec textes et photos, l'avant et après 11 mars 2011. Juste après le séisme, Hatakeyama, qui était à Tokyo, traverse à moto le paysage dévasté, parti en quête de nouvelles de sa famille. Il juxtapose ses réflexions au fil de son voyage avec des photos d'avant la catastrophe. Des photos personnelles qu'il n'avait jamais imaginé montrer un jour.
L'avant joyeux côtoie l'indicible, le traumatisme trop grand pour être contenu dans des mots. Hatakeyama a perdu sa mère dans la catastrophe. Avant le 11 mars, il travaillait déjà sur la notion de paysage (surtout urbain), notion géographique complexe d'interaction entre l'homme et la nature.
Depuis, il n'a pas cessé. Cependant, les transformations qu'il observait, progressives et parfois insidieuses, ont connu une rupture tant dans leur rythme que leur échelle. La catastrophe a littéralement rayé de la carte des quartiers, des villes, fait table rase du paysage pour repartir de zéro. Ou pas tout à fait, car la menace invisible des radiations est là, et comme beaucoup de Japonais, Hatakeyama en a pleinement conscience.



Participez à l'aventure de Rikuzentakata !


Son nouvel ouvrage, Rikuzentakata, aborde encore le thème du changement, de la modification des paysages. Cette fois, il suit les étapes de la reconstruction de la ville, la lente tentative pour déblayer, recommencer, après une fracture terrible dans l'histoire, aux conséquences difficiles à appréhender. Hatakeyama observe, propose son regard d'artiste qui a toujours saisi le point de jonction entre l'humain et la nature, là où se fabrique le paysage.


Le livre Rikuzentakata sortira en octobre, aux éditions Light Motiv. C'est une petite maison spécialisée dans les ouvrages photographiques de grande qualité alliant images et textes. Elle passe par une plate-forme collaborative pour s'assurer un seuil de financement, notamment grâce aux pré-commandes. La fabrication d'un bel ouvrage a un coût souvent difficile à porter pour des éditeurs modestes. Acheter en avance son exemplaire offre au lecteur le plaisir de participer activement à l'aventure et à l'éditeur une bouffée d'oxygène bien venue.
Light Motiv propose d’ailleurs un achat groupé de Rikuzentakata et Kesengawa à un tarif préférentiel de 59 euros, disponible uniquement durant la campagne de financement. La filiation forte entre les deux livres justifie cette offre avantageuse pour saisir toute la profondeur du travail d'Hatakeyama et son évolution. Vous aurez deviné, c'est la contribution que j'ai choisi !


Il ne vous reste que quelques jours pour pré-commander ce magnifique ouvrage photo. La traduction des textes de Hatakeyama est assurée par Corinne Quentin et l'ouvrage est préfacé par l'écrivain Eric Reinhardt. Il comptera 130 pages et sera au format 25 cm par 30.


Si le projet vous touche, parlez-en autour de vous et partagez le sur les réseaux sociaux, c'est aussi un moyen efficace de le soutenir !





Pour feuilleter le livre Kesengawa (désactivé votre adblock !) :

Un article sur Rikuzentakata et un entretien avec Eric Le Brun, le responsable des édition Light Motiv :

Deux articles passionnants sur Kesengawa :

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La Camargue au grand angle



Trente degrés à l'ombre.

C'est parti pour douze bornes de rando avec La Moustache.

Sur la digue quasi rectiligne qui mène de Saintes Maries de la Mer jusqu'au phare de la Gacholle, l'ombre est rare. Elle se limite à hauteur de brin d'herbe, ou plutôt, à hauteur de la lande éparse qui tente vaillamment de planter ses racines dans un sol aride et minéral, digne d'un décor de Mad Max. Un vent sec venu de la terre balaye les étendues neigeuses des salins et se charge en cristaux de sel, irritant les muqueuses, piquant la peau déjà brûlée par le soleil. Le vent cependant allège la chaleur insupportable. Quant au soleil, tenter de s'en protéger en se couvrant la tête ne suffit pas. La réverbération insidieuse du sol prend en traitre. Malgré chapeau et crème, les UV l'emportent et le rouge est de mise.

Douze bornes sous un cagnard d'août, hurlant sa force au bleu électrique d'un ciel abasourdi. La mer au sud, le delta du Rhône au nord. La fine bande de terre surélevée trace une frontière éclatante. Une tentative de délimitation humaine entre deux monde qui cohabitent dans un équilibre fragile, une tentative de compréhension du baiser amoureux entre eau salée et eau douce.

Le vent blanc se fout des hommes.

Le soleil aussi.

La digue aussi est tannée, balayé, asséchée.


Deux kilomètres avant le phare, notre destination, la route de caillasses blanches cède à un revêtement sombre, dur, pas vraiment du bitume mais tout aussi brûlant et raide sous la semelle. Ces deux derniers kilomètres fatiguent le corps déjà abruti de chaleur et usé par le sel. Enfin, nous atteignons les bâtiments.

Il n'y a pas de bateaux qui risquent l'échouage. Les randonneurs un peu fou, peinent à trainer leurs pieds alourdis. Nous sommes les seuls marcheurs à tenter l'aventure, les autres vacanciers croisés préfèrent tous le vélo. Après une collation légère et de l'eau en quantité insuffisante pour étancher notre soif infini, nous attaquons le chemin du retour. Le soleil de l’après-midi s'installe plus joyeux et impérieux que celui du matin.


On entendrait presque la terre se craqueler sous la fuite éperdue de l'eau qui s'échappe dans l'atmosphère. On pourrait presque entendre le crissement timide de la cristallisation lente du sel qui se dépose sur les berges à mesure que l'eau s'envole vers les nuages. La mort par asphyxie des crevettes et des crabes, quand l'eau devient saumâtre. Génocide silencieuse de crustacé. On entendrait presque dans son funeste sillage, les algues pousser. Dans leur croissance incontrôlable, elles font rougir les flaques agonisantes.


Mais le tohu-bohu du vent couvre tout.

Oiseaux, insectes, cailloux sous nos semelles.

Le vent salé cautérise leur voix. Ici, quand le mistral prend la parole, les hommes se taisent. La mer retient son souffle lointain.

Et nous, sur nos deux pattes, nous avançons péniblement, épuisé mais heureux, repus de cet horizon rayé de vert-jaune, d'ocre et de blanc, de bleu profond et insondable.


Carte de la randonnée en fin d'article, après les photo : 24 km d'après google maps, 26 km d'après l'office du tourisme.











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Phobie [Journal#4]




Préambule


Attention, l'article qui suit risque d'en choquer certains.
Non, vous n'avez pas atterri par erreur sur le blog d'un Odieux Connard (que par ailleurs, j'apprécie beaucoup). Cependant, je vais vous parler aujourd’hui d'un sujet personnel : ma phobie de l'obésité. Ces mots n'ont pas comme objectif d’insulter les personnes malades d'obésité mais d'exposer mon ressenti, qui n'est pas reluisant. Mon intention est surtout introspective, en pratiquant l’exercice d'un journal intime ouvert et non anonyme. Je partage ici un peu de moi, même ce moi qui déplaît aux autres et parfois à moi-même. Si vous vous sentez attaqué personnellement, j'en suis navrée. Je ne suis pas responsable de vos émotions si vous décidez de continuer cette lecture en connaissance de cause.

Grossophobie


J'ai peur des gros, j'ai une aversion violente, presque nauséeuse des amas de graisse qui arrondissent le corps et le déforment, le boursouflent, le plissent.
Évidemment, certaines de mes connaissances et amis sont gros. Ça complique un peu la relation pour moi, cela me demande de désincarner la personne pour l'apprécier et l'aimer.
Avec mes amis proches, j'ai toujours été franche et sincère sur la question. Ma limite étant l'obésité morbide où, là, ma phobie prend le pas et je ne peux que me mettre en retrait. Pour être parfaitement claire, ma phobie de l’obésité est un mouvement de recul, de rejet physique au plus profond de mon être. En rien je ne vais devenir agressive ou même incorrecte, à moins d'être littéralement acculée dans une situation où la panique prendra le dessus. Les obèses me dérangent. J'ai conscience que cela vient de ma perception et je ne vais pas aller les enquiquiner !

Grossophobie. Ce néologisme désigne la discrimination faite au personnes grosses. Grosses, pas obèses. Hors, le mot "gros" n'a qu'une signification relative là où l'obésité est quantifiable. Nous sommes nombreux et nombreuses à nous trouver trop gros, que ce soit justifié ou non par l'affichage de la balance. Les deux extrêmes de cette déformation entre la perception et la réalité met l'humain en danger : anorexie et obésité tuent.
Je ne suis pas idiote. Je différencie obésité et œdème. Les personnes malades aux jambes comme des poteaux gorgées de flotte ou blindées de cortisone pour soigner des maladies chroniques terribles m'inspirent de la compassion, même si, toujours, la grosseur du corps provoque viscéralement un mouvement de recul. Je sais que la prise de certaines substances comme des anti-dépresseurs dérèglent l'appétit et entraîne souvent des prises de poids impressionnantes. Savoir intellectuellement les causes ne m'aide pas : j'ai toujours peur.


Depuis très jeune, j'ai la phobie des gros. Je ne me souviens pas de quand précisément j'ai développé ce comportement. Je ne suis pas anorexique même si, j'ai eu, enfant, un rapport particulier avec la nourriture. Se sustenter, comme dormir, prenait du temps sur le jeu et, par conséquent, me paraissait superflu. J'ai toujours eu un appétit d'oiseau et des modes d'alimentation ultra simplistes. Gamine, je n'aimais que ce qui était cru. En grandissant, avec les injonctions et encouragements d'autrui, j'ai découvert des goûts différents. J'ai surtout découvert que le goût évoluait et qu'il s'éduquait. Je suis même devenue franchement gourmande et le repas, loin du fléau nécessaire de ma jeunesse, est aujourd'hui un moment de partage, un moment où j'ai conscience de ce que je mets en moi, que je vais transformer et qui va, à terme, devenir moi.

Pourtant, malgré cette évolution, j'ai toujours une phobie terrible des obèses, particulièrement de l'obésité morbide. Si les rondeurs ne me dérangent pas, que je trouve même que les morphologies avec des formes généreuses sont sensuelles et appartiennent à la merveilleuse diversité humaine, l'obésité, elle, me révulse. Me répugne. Me fait cauchemarder. Pire, me fait peur.
Une peur indicible, logée dans le ventre qui génère un mal être tel que j'en ai la nausée, le vertige.




Le poids de l'héritage familial


En France, il y a peu de personnes atteintes d'obésité morbide. Peu de personnes où la couche de graisse masque jusqu'aux formes les plus élémentaires de l'être humain, le transformant en une suite de plis et bourrelets, dissimulant les articulations sous des boudins flasques, arrondissant le visage au point de le perdre dans une lune trop vaste, alourdissant le cou au point de le faire disparaître dans les épaules, devenues une carapace molle de chair. La graisse donne aux hommes plus de poitrine qu'une femme. Donne aux femmes un ventre si disproportionné qu'une grossesse serait invisible.

Ces enfants de la malbouffe qui ingèrent les produits poubelles de l'agroalimentaire sont quand même là. J'ai grandi avec quelques spécimens dans ma famille, et qui sont peut-être la cause de mon intolérance. A moins que ce soit plus profond, plus ancien.

Ma mère aussi a été obèse adolescente. Elle a survécu à la tuberculose à une époque où soigner impliquait de gaver le patient. C'était juste après la seconde guerre mondiale, même si, en zone libre, elle avait peu connu la faim, le spectre du manque planait encore. D'une enfant malingre, elle est devenue énorme. À 17 ans, elle a décidé seule de maigrir avec les moyens du bord : des tisanes prises dans la boutique de son père, un herboriste. Elle a maigri. Très vite et beaucoup au péril de son ventre, en se flinguant définitivement l'appétit et son rapport aux aliments.

J'ai toujours connu ma mère mince, élégante et avec des crises carabinées de boulimie. A l'époque, elle disait pudiquement qu'elle souffrait de "crise de foie". Vingt ans plus tard, j'ai compris que c'était l'expression bien française pour désigner l'indigestion. Ma mère a l'appétit déréglé, brisé. Peut-être que le mien, par réaction, par protection, a longtemps été celui d'un oiseau timide. J'ai toujours réagi avec violence et efficacité si on me forçait à manger un truc que je n'aimais pas : je vomissais dans la foulée, de préférence sur la personne qui avait commis l'affront
Ma mémé, la mère de ma mère, était obèse. Je l'aimais beaucoup. Mais je crois que, déjà enfant, mon amour pour elle était complexe avec un mélange d'attirance et répulsion. 



Aspirante sauveuse


Nombre de mes amies à l'école étaient grosses. Ma tendance de sauveuse me rapprochait systématique des gamines rejetées, souvent en raison de leurs physiques jugés ingrats par les autres enfants, ou de leurs difficultés scolaires. Certaines cumulaient. Je me souviens de Patricia, au primaire. Une gamine d'un milieu défavorisé qui peinait à apprendre à lire. Je l'aidais donc à faire ses devoirs - mais je ne les lui faisais pas à sa place, loin de là, elle trimait dur avec moi ! - en échange de quoi elle mangeait une partie de mon assiette à la cantine, voire tout si c'étaient des choux, des épinards, du foie, de la viande semelle....

Rétrospectivement, je réalise à quel point ce marché était déséquilibré et un peu égoïste. J'aimais aider et donner aux autres l'envie d'apprendre et de découvrir. Je grince des dents en songeant que par mon attitude, je ne l'ai pas aidé à lutter contre ses problèmes de surpoids qui l'handicapaient socialement et l'attristaient.
Et si l'obésité me repousse, quand je songe à mes années d'école, plusieurs visages poupins d'enfants ou d'adolescents gonflés m'apparaissent. J'ai toujours été douce et gentille avec eux, même si je ne masquais pas mon désaccord sur leur régime alimentaire, partageant même mes inquiétudes sincères sur leur santé. L'influence de ma mère, qui outre sa névrose alimentaire, exerçait la profession d'infirmière, m’apparaît aujourd'hui limpide.

Cette société que je déteste


Nous vivons dans une société étrange.
D'un côté, il est évident, quand on a des notions d'anatomie, que l'obésité est un fléau qui abîme le corps et la santé. De l'autre, les remèdes sont souvent pire que le mal car pour maigrir, ce n'est souvent pas d'un régime dont la personne a besoin mais d'une aide thérapeutique complète et profonde. La société de consommation, les industries de l'agroalimentaire, jouent sur les faiblesses des hommes pour les empoisonner littéralement avec des sucres et des produits addictifs. Une masse grosse et assujettie, qui ne réfléchit pas (merci la TV) est toujours plus facile à gouverner et à saigner.
Je crois que si mon aversion pour l'obésité est si forte c'est parce que l'amas de graisse est la représentation physique tout ce que j’abhorre : la preuve tangible de la faiblesse humaine qui se laisse dévorer crue par le système qu'elle a elle-même créée alors qu'elle crève de trop - et mal - manger. Un paradoxe insupportable surtout quand il y a une conjonction entre obésité, pauvreté et faible niveau d'éducation - ce qui était le cas pour une partie de ma famille.

Typologie tri lili


Alors, oui, j'ai une phobie de l'obésité et des personnes obèses. Ça ne m'empêche pas de les aimer, même si la longueur et la difficulté du chemin vers l’autre est proportionnel à son poids. Il y a, néanmoins, dans ma phobie, deux catégories distinctes et l'une est plus facile à aborder. En effet, je différence en plus les enflés des flasques :
- les enflés ressemblent à des baudruches, ils sont tout ronds avec la peau tendue. Leur peau contient le surplus de gras et je ne me sens moins "envahie" à leur contact.
- les flasques, eux, ont le bourrelet tombant, souvent qui coule en une série de plis successifs, mous.
J'ai constaté une évolution de l'enflé en flasque quand la prise de poids continue avec les années, peu clémentes avec les gros.
Du point de vue de mes interactions sociales, j'ai du mal à masquer mon dégoût avec les personnes à l'obésité flasque, ce que je trouve très gênant. Quand à l'obésité morbide, elle est simplement insoutenable et j'ai abandonnée depuis des année le combat.
Je n'éprouve aucune plaisir à blesser autrui. Tant il est facile de contrôler ses paroles, tant il est presque impossible pour moi de contrôler mon visage, mon expression et mon attitude. Alors, je préfère encore le dire. Parce qu'une couche de graisse ne m'a jamais empêchée d'éprouver de l'affection sincère pour un humain doté d'un cerveau fonctionnel, d'une belle âme et d'un cœur généreux.
J'ai peur des gros, certes, mais ça ne m’empêche pas d'en aimer certains et de faire fi de leur armure de chair. 





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L'ordre d'Avalon : Polar manga au Mont Saint-Michel



Je ne vais pas à la plage : le sable gratte et le soleil me crame. Pourtant, voici une lecture parfaite pour l'été, légère, policière, et qui propose en prime, un voyage au Mont Saint-Michel !

Da Vinci Code au Mont St Michel

Nicolas Quintin, écrivain historien, en séance de dédicace au Mont Saint-Michel, attend en vain son collaborateur, Ryo Tachibana, un archéologue médiatique. Hélas, le corps de se dernier est retrouvé dans une salle de l’abbaye, assassiné. Clotilde Dumont, lieutenante de police au caractère bien trempé, s'immisce dans l’enquête par amitié pour Nicolas et le défunt Ryo. Ce crime se déroule juste avant les élections régionales alors que la tension entre les politiques et notables locaux est à son comble. Or, Ryo s'était lié avec la représentante locale d'un parti écologique. Dumont et Quinquin tentent de démêler l'imbroglio où d'étranges indices donnent à leur enquête une orientation très mystérieuse. Pourquoi sur le cadavre de Ryo a-t-on retrouver un pendentif celtique ? Qu'avait donc découvert l'archéologue pour se faire tuer ?




French touch : pari réussi !


Manga de commande fait en partenariat entre les éditions Glénat et le Centre des monuments nationaux afin de promouvoir le Mont Saint Michel, je m'attendais à une lecture au mieux insipide au pire indigeste ; et le résultat m'a surpris par sa qualité ! L'ordre d'Avalon est un sympathique one-shot, efficace et distrayante.
Les dessins sont réalisés par Morgil, dont j'adore le travail, et qui a pour l'occasion épuré son trait, même si son style très marqué reste reconnaissable. Les décors, très réalistes, offrent une visite étonnante du mont et de ses alentours. Si vous connaissez les lieux, vous n'aurez aucun mal à vous situer dans l'abbaye. 



L'histoire de Izu (Guillaume Dorison) est bien ficelée. Malgré un parti-pris de départ assez capillotracté, on se laisse séduire. Les dialogues percutants, teintés d'un humour intelligents, entrainent rapidement le lecteur dans l'intrigue. Le résultat donne un manga à la française, de bonne facture. Le scénariste réussit à injecter à la fois de la profondeur et une pointe de critique sociale à une histoire assez stéréotypée.
Je regrette quand même le choix du sens de lecture japonais, probablement imposé. Il me parait sacrément aberrant pour une dessinatrice de culture visuelle occidentale qui n'a pas été nourrie exclusivement au manga. Sa première BD Entre Chien et Loup était d'un format classique et elle travaille actuellement sur un excellent comics d'inspiration nordique, Le Dévoreur de Temps.
 
Le résultat est un manga fun, avec un bon suspens et agrémenté d'un supplément passionnant sur l'histoire du mont, signé l'érudit Alex Nikolavitch (dont je vous conseille la lecture hilarante de son blog War Zone). J'ai de nouveau envie de retourner au mont Saint-Michel

Voyage en photos et mots au  Saint-Michel  :
- http://etang-de-kaeru.blogspot.fr/2013/04/le-mont-saint-michel-de-pierre-de-metal.html
- http://etang-de-kaeru.blogspot.fr/2013/04/le-mont-saint-michel-libre-ou-reclu.html

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Quand les cimetières débordent...


Est-ce que la tristesse est la connerie sont soluble dans l'état d'urgence ?
Est-ce qu'à côtoyer le faste, le luxe, la débauche de consommation quand on a pour seul valeur une foi aveugle justifie les massacres?
Est-ce qu'un jour la violence s'épuise ?

L'histoire et l'actualité nous enseignent qu'il n'y a ni limite ni frein à la cruauté humaine surtout quand elle a une justification d'ordre moral ou religieux. On peut tout se permettre, même l'abjecte. Finalement, au nom d'un dieu ou de l'argent, on commet les mêmes horreurs, les mêmes destructions, les mêmes saccages. La seule différence, c'est qu'au nom d'un dieu, en général, le carnage est moins subtil et ne s'abrite pas derrière les voiles malmenées d'une justice instrumentalisée.

Je suis fatiguée. Lasse de trop.
Trop d'émotions et trop d'impuissance. 
Juste trop.

Y'a un moment, les cimetières débordent. Les crématorium s'encrassent. La terre ne veut plus de nos cadavres d'enfants. Je marche dans l'ombre, avec mes souliers rouges, épuisée de ce trop. Sonnée de ces pertes, de cette incompréhension.
Pourtant, devant moi, dans les graviers, des taches de lumières dorée continuent de danser.





Photo prise au cimetière du Chateau de Nice en mai 2016
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Les 10 fanzines de dessins à ne pas louper à Japan Expo !



Il est souvent reproché à Japan Expo d'être un super marché où on paye l'entrée et où les boutiques qui vendent du contenu pirate ont pignons sur rue. J'ai moi-même dénoncer le problème lors de mes comptes rendus des années passées. Pourtant, résumer l'évènement à ce triste fait occulte son incroyable richesse créative. En effet, Japan Expo rassemble des centaines d'artistes de France mais aussi d'Europe, qui viennent présenter leur travaux.


Petit préambule


Voici une sélection personnelle des stands d'artistes (illustrateurs et dessinateurs) qui sont pour moi incontournable et méritent même d'aller à Japan Expo juste pour les rencontrer. Mon choix se fonde sur :
- une qualité graphique professionnelle
- un style personnel affirmé (même si parfois encore empreint de l'influence de l'école d'art où ils étudient, pour les plus jeune)
- un soin apporter à la fabrication des objets (reproduction, fanzine, badge...) avec la encore des visées professionnelles.
Ensuite, mes autres critères sont eux totalement subjectifs et assumés : des thèmes qui me parlent et correspondent à mes gouts (donc rien d'humoriste ou de parodique) et un style graphique souvent éloigné des codes du manga commercial de type shôjo et shonen. Après, il y a aussi la dimension humaine qui rentre en compte. Outre le talent, j'apprécie aussi certains artistes pour ce qu'il sont, en plus de leur capacité à manier crayon, feutre et pinceaux avec technique et talent.


Deux collectifs où le talent n'attend pas le nombre des année

Nombreux sont les nouveaux fanzines collectifs qui apparaissent, survivent quelques numéros avant de s'évanouir dans la nature. J'ai découvert il y a quelques années deux titres qui m'ont particulièrement séduits par la maturité de leur graphisme, leur originalité mais aussi l'alchimie particulière du groupe, une association des artistes aux univers qui se répondent sans se confondre.

1 Nocturne E209 H5
Le collectif, créé par Estelle Hocquet, une jeune étudiante des Gobelins aussi talentueuse que motivée, regroupe plusieurs artistes qui proposent BD, sketchbooks, quelques goodies et aussi dessins originaux. Tout les projets sont personnels et les quelques fan-arts sont des interprétations d'inspirations où la sensibilité et le style de l'auteur insuffle une autre vie à l’œuvre d'autrui.

Estelle Hocquet (Mariposa Nocturna) : http://mariposa-nocturna.tumblr.com
Cette année, des nouvelles têtes rejoignent l'équipe :




2 Matryoshka N692 H6
Collectif de trois jeunes femmes bourrées de talent et d'une grande sensibilité graphique, elles signent des artbooks à couper le souffle. Je suis particulièrement touchée par le travail de Elk, aux aquarelles très lâchées et aux traits presque sauvages. Sur le stand, vous trouverez des fanzines d'illustration et probablement des originaux.


 

 Les fées du fantastiques


Pour beaucoup, Japan Expo rime à avec kimono. Pourtant, certains artistes présents ont surtout comme dénominateur commun le fantastique, qui brouille les frontières et se fiche pas mal des notions d'orient et d'occident.

3 Chane E211 H5
Chane fait partie de cette génération où les sources d'inspirations multiples rejaillissent dans une œuvre qui rentre mal dans une case aussi étriquée que « convention manga ». Après Angkor , son second livre Eluvitie nous dépayse sans nous faire voyager bien loin, puisqu'elle puise dans les paysages bucoliques et les mythes de la Suisse. Une BD auto-éditée dont la qualité équivaut largement celle des livres sortis dans le circuit conventionnel. Pour tout les amoureux de fantastique, de dessins généreux et tendres.



4 Laurence Péguy D203 H5
Longtemps inspirée par la saga Harry Potter, puis les vampire et l'univers gothique et flamboyant de Tim Burton, Laurence Péguy propose des livres là aussi d'une qualité pro. Fantastique, steam-punk, ses influences multiples nourrissent un univers graphique riche et cohérent. Elle réalise aussi sur son stand des portaits « burtonnien » de grande qualité qui font la pige au caricature SD souvent bâclées que certains n'hésitent pas à proposé à bas prix !

Laurence Péguy

 

Les fanzine à poils, exclusivement masculins

Oui, il y a à Japan Expo, beaucoup de fanzine yaoi (manga mettant en scène des personnages homosexuels avec la particularité qu'ils sont stéréotypés et souvent très efféminé et d'ailleurs, à destination d'un public au départ féminin). Il y a aussi des vrais fanzine gay aux histoires matures et assumées. Le lectorat est d'ailleurs sensiblement différent ! La cause LGBT étant chère à mes yeux, impossible de ne pas parler ici des deux incontournables du salon :

5 The Gardener (E 201, hall 5)
Un webcomics (disponible aussi en anglais) romantique mais pas gnangnan qui connait une version papier. Dessiné et scénarisé par Marc G, un pilier du fanzinat connu pour la série très fleur bleue « Rêve de lumière ». The gardener nous raconte, comme son titre l'indique, le quotidien d'un jardinier qui travaille pour un jeune homme aussi riche que naïf. Drôle et attachant.
Attention, The Gardener est invité sur le stand de Mxm Bookmark et Marc sera présent uniquement le week-end




6 Dokkun (M682 H6)
Là, nous changeons de catégorie. Bienvenu aux bears (ours). Il s'agit d'un fanzine qui assume totalement son propos gay, fier et surtout surtout poilu. Le contenu est interdit au mineur. Nous sommes aux antipodes des minets androgynes du yaoi traditionnel. Les BD proposée dans Dokkun évoluent plus dans la digne lignée d'un Tom of Finland. Le fanzine est traduit en anglais, en italien, en japonais et en coréen. 
Plusieurs artistes récurrents s'expriment dans ses pages (attention, interdit aux mineurs) :
- Fabrissou : fabrissou.tumblr.com


 

 

Les incroyables inclassable


7 Kokoro, le fanzine carritatif (C215 H5)

Kokoro (cœur, en japonais) est un fanzine qui a comme objectif, à chaque numéro, de lever des fond pour une associations caritative préalablement choisie. Cette année, il s'agit de « Maison Chance ». Les dessinateurs participants sont bénévoles, tous de grands talents (souvent des professionnels du milieu de l'édition ou de l'animation). Ils travaillent sur un thème en relation avec l’engament du bénéficiaire. Kokoro met la passion du fanzinat au service d'autrui et donne de la profondeur, du lien solidaire et du sens à un milieu souvent pourri par la soif de reconnaissance personnelle ou la cupidité. Une magnifique initiative servie par une équipe très pro, très sympathique. Le résultat finale est toujours un superbe recueil qui permet, outre la bonne action, de découvrir des artistes.





8 Jon Lankry (C215 H5)
Dessinateur au style reconnaissable comme un coup de poing en pleine tronche, vif et marquant, Jon Lankry sera présent sur le stand du fanzine Kororo (sauf le samedi). Garçon timide au talent incroyable, il signe « Zombi » la BD dont vous être le héros, ainsi que plusieurs recueil d'illustration inspirée de multiples univers. Il fait parti de ces personnes que j'ai le grand plaisir de retrouver à chaque convention. Cette fois, il propose un 48 pages couleurs de format A4.

Jon Lankry



9 Mageek (N672 H)

Attention, je vous parle d'un fanzine façon... magazine famine. Yep. Avec de la mode dedans. Yep. Et il est bon. Vraiment bon. Articles fun, intelligents, maniant avec finesse le second degrés sans basculer dans le potache ou la facilité. Mageek tient d'ailleurs plus du pro-zine avec une qualité de rédaction et de fabrication largement supérieur à certains titres vendus en kiosque. Il fonctionne avec des thèmes (j'ai lu et aimé le numéro 2 sur Docteur Who sans avoir vu un seul épisode de la série). Un hors série spécial Japon et Corée est disponible sur le salon.


 

10 Moemai, du manga à la française D201 H5


Aucun des fanzine précédents n'étaient dans la veine de ce qu'on s'attend à voir dans une convention manga, je vous en présente donc une artiste qui évolue avec talent dans ce milieu. Moemai, illustratrice et coloriste, a sorti de nombreux fanzines mais aussi des BD façon « french manga ». Son trait délicat reprend les codes graphiques du Japon où elle a séjourné, sans tomber dans la copie maladroite et facile. J'apprécie particulièrement la finesse de son travail, l'originalité de ses traitements et la grande sensualité de ses dessins.

Moemai


Et les autres ?


Comme je suis une grande malade, j'ai épluché toute la liste des exposants (plusieurs centaines) et regardé les sites lorsqu'ils étaient indiqués. Une journée a été nécessaire à cet exercice un tantinet fatiguant. Voici un liste des fanzines et artistes que je ne connais pas ou mal mais qui me paraissent mériter une visite. Certains sont très bon mais ne correspondent pas à ce que j'apprécie, cependant, je reconnais leur qualité !


Anna Karen N677 H6
Brown Rabbit B216 H5
Dragibuz P653 6 (style graphique très Disney, un des meilleurs du genre)
Dzaka B210 H5
Fanélia E 203 H5 (Fantastique proche de Chane, plus léché, très bon)
Hiraeth C 204 H5
Orpheelin C210 H5 (BD Fantastique, ligne claire, parfaitement maitrisé)
Niddheg D216 H5
Occuria Trigger S681 H6Lorigami R687 H6
Pulsart studio B195 H5
Sea Turtle M699 H6
Senri E213 H5
Tpui M676 H6
Yumyum studio D210 H5 (Fanart SD, le pionnier dans le domaine, existe depuis 15 ans!)

En conclusion


Du côté amateur, Japan expo regorge aussi de fanzines d'écriture, de stand de bijoux et d'accessoires faits par des petits créateurs. Si certains se contentent d'assembler des breloques made in china, d'autres les fabriquent de A à Z, avec leurs petits doigts de fées. Je n'ai ni la motivation ni les compétences pour vous parler des perles qui se cachent dans ces domaines-là. Mais je peux vous garantir qu'elles existent et méritent vraiment de prendre au moins plusieurs heures pour arpenter les allées à la fois de l'espace « jeune créateurs » du hall 5 mais aussi de l'espace dans le Hall 6 dédié aux fanzines. Trop de visiteurs l'évitent, sachant qu'il est le repère des boutiques à conneries contre-faites. 
Vous passez aussi à côté d'un des trésors du salon : ces passionnées, artistes en herbes, volontaires motivés qui font que depuis des années, les conventions manga restent un lieu d'échange, fun, léger mais aussi un vrai bouillon de créativité. C'est dans les allées de Japan Expo, sur les stands amateurs qu'on trouve les graines de la BD de demain, qui permettront à des milliers de lecteurs de rêver, de voyager, d'être émus.
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Estampe Japonaise : découvrir ses secrets de fabrication à Japan Expo !



La Japan Expo, l'évènement à ne pas rater pour tous les curieux de cette culture, se tiendra la semaine prochaine du 7 au 10 juillet 2016. A cette occasion, vous pourrez découvrir comment se réalise une estampe de façon simple et concrète. Un amateur éclairé, Fred Miane, fera des démonstrations sur le stand de l'association Pigments et arts du monde (U200, Hall 5 A) qui promeut les arts et les technique picturales asiatiques traditionnelles tels que le nihonga, etegami...


Petite définition de l'estampe


L'estampe est une image imprimée par xylographie : résultant d'un travail de gravure sur bois. Le mode reproduction laisse la place au hasard et ne permet pas une duplication parfaite de l'image, ce qui en fait sa richesse et son charme. Deux estampes ne sont jamais totalement identiques.

Une estampe c'est :
- une image qu'on veut reproduire
- plusieurs plaques (matrices) en bois tendre (cerisier ou catalpa), qui seront gravées en fonction de l'image de départ
- de l'encre qui sera appliquée (une couleur par matrice)
- une impression sur papier successive de chaque matrice en prenant garde de bien caler la feuille.

Les outils pour graver, en provenance du Japon
 
Les encres pour l'impression


C'est en regardant travailler le graveur que j'ai saisi toute la technicité mais aussi le savoir-faire et l'intuition artistique nécessaire à transformer un dessin ou une photographie en estampe. Au départ, il y a une image qui va être reproduite. Fred n'est ni peintre, ni dessinateur. Il travaille donc à partir de l’œuvre d'autrui. Il se qualifie plus d’artisan qu'artiste. Pourtant, ses choix ont une influence capitale sur ce qui va devenir un nouvelle interprétation de l'image originale.
En effet, le graveur détermine plusieurs choses cruciales : d'abord le nombre de couleurs qui détermine le nombre de plaque qu'il va graver, quel contour va-t-il tracer, leur épaisseur... Le graveur propose ainsi sa vision de l'image, en fonction de sa sensibilité et de son talent.

La naissance d'une estampe

L'année passée, sur les quatre jours de Japan Expo, j'ai pu voir des estampes être créées de A à Z. Une expérience enrichissante ! D'abord, la peintre Valérie Eguchi a dessiné plusieurs etegami, comme base. Ensuite, Fred a commencé son travail de gravure. Cela nécessite à la fois de la force physique, de la minutie ainsi que beaucoup de patience car il faut plusieurs heures pour évider les plaques et ne laisser en relief que la partie qui sera imprimée sur le papier. En cas d'erreur ou de geste malheureux, tout est refaire. À la force du poignet, petit à petit, j'ai vu apparaître en relief des courbes et un motif souvent difficile à rattacher avec l'image de départ. Seule la planche de trait, qui sert au contours du sujet, est aisée à reconnaître.


Le graveur à l’œuvre


Minutie et rigueur !


La plaque de trait encrée

Résultat de l'impression


Une fois les plaques de bois prêtes, Fred passe à l'impression. Il enduit de couleur avant d'appuyer fortement la matrice sur le papier, en s'aidant d'une espèce de gros tampon, le baren (mot japonais). Il permet que le transfert de couleur soit le plus homogène possible. La encore, il faut une certaine force ! J'ai tenté l’exercice et avec mes muscles de grenouille, le résultat fut assez pitoyable !



Fred Miane encre et imprime la planche de trait


Si vous aussi, vous souhaitez assister "en vrai" à la naissance d'une estampe, venez donc sur le stand U200, Hall 5, à Japan Expo. Plusieurs démonstrations d'estampe auront lieu durant le salon. Vous verrez aussi les outils nécessaires à la gravure et à l'impression.
J'avais déjà, lors d'exposition au Musée Guimet ou à la MCJP, vu des documentaires ou même des matrices. Cependant, assister au spectacle du graveur qui taille et cisèle le bois à la main avec ses outils puis imprimer ensuite sur papier le résultat de son labeur, est une expérience inoubliable. On prend alors la mesure de l'effort, de sa dimension physique, de son énergie et de sa concentration. On porte un regard différent sur l’œuvre finale, qui devient plus qu'une simple reproduction. Si l'estampe vous intéresse, je vous encourage vraiment à passer !

Le résultat final !


Un très bon article qui détaille la fabrication de l'estampe japonaise :
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